mardi 8 février 2011

Vol au dessus d'un nid d'aigles

Ils étaient le backing-band de Linda Rondstadt, ils devinrent, avec sa bénédiction et sous le nom Eagles, le plus réputé des groupes de soft-rock, genre qu'un seul album avait contribué à définir, à savoir "Harvest" de Neil Young. Mais il faut reconnaitre qu'ils ne manquent pas de savoir-faire. Au contraire, il faut entendre la guitare de Joe Walsh tour à tour miauler et hurler sur la chanson "Hotel California" pour s'en persuader. Ils vont passer d'un country-rock somme toute assez potable (leur 1er album éponyme) à une orientation (suite au départ fracassant de Bernie Leadon) beaucoup plus rock, allant même jusqu'à des accointances avec le hard ("Life In The Fast Lane", morceau de bravoure sur leur "masterpiece" Hotel California). A force de rééditer constamment la formule, ils s'enfermeront dans les clichés inhérents au genre, entraînant changements de line-up et split. Leur reformation ne fera qu'accroître le sentiment qu'ils ont tout dit avec Hotel California. Pour rendre justice aux 8 mois (temps-record) qu'il leur a fallu pour écrire et enregistrer celui-ci, je vous convie à écouter l'album du début à la fin.

Neil, Steve & the others...

Premier vrai groupe de Neil Young et de Stephen Stills (ils se retrouveront dans le supergroupe CSN&Y), le quintet de Buffalo Springfield, pour plus que moitié canadien, se voit gratifié de toutes sortes d'éloges (amplement méritées) et courtisé par Ahmet Ertegun (patron d'Atlantic), qui croit très fort en leur potentiel. Leur premier album ne décevra pas l'estime portée à leur endroit, et est émaillé de ballades portées par des harmonies sublimes et un grand sens mélodique. Il y a quelque chose d'indéfinissable qui surnage de ce petit bijou. En tous cas on se sent très vite à l'aise, en pilote automatique sans que le contenu puisse être assimilé à des mièvreries sans intérêt. Mais il faut comprendre le contexte: un peu plus tôt ont lieu des révoltes estudiantines, en hommage desquelles ils gravent le superbe "For What It's Worth" avec son premier couplet mythique. Logiquement le morceau deviendra l'hymne de ces percées militantistes dans une Amérique en pleine mutation sociale. Revenons au contenu de l'album. Des morceaux courts, parfaits pour passer en radio et qui, de fait, sont tous très accrocheurs. Pour moi, cet album reste un enchantement et je gage qu'il le reste pour ceux qui étaient adolescents quand il est sorti. A conseiller si vous ne pouvez ou ne souhaitez pas vous procurer l'album entier: "Hot Dusty Roads".

With God by his side

Marvin Gaye a cette voix qui implore, gémit, convoque les désirs (sexuels, pour ce qu'on peut en juger) d'une civilisation jadis scindée en deux camps: les blancs et les noirs. C'est qu'il sait ce dont il parle, ce hérault (je n'ai pas dit héros) d'une musique qui EST émotion et aspire à l'universalité. Il est noir, fils ainé d'un pasteur connu pour ses excentricités (celui-ci se déguisait en femme la nuit) et se fait remarquer, comme Sam Cooke avant lui, en chantant à l'église. Il fait ses débuts sous l'égide de la Motown, grande maison de disque et temple de la Soul, regroupant la crème des crèmes dans ce genre. Il se découvre des affinités en duo avec Tammi Terrell, qui sera son âme soeur inavouée. S'ensuit tragédie et excès, et surtout un album-concept d'une rare acuité: What's Going On. Son message, le message de l'album, c'est qu'il est inutile de propager le Mal, d'aller à contre-courant, car c'est avec Dieu qu'il faut compter et Dieu ne veut pas ça. Dieu est notre plus grande force. Le message vaut pour ce qu'il révèle (implicitement): Marvin Gaye se repent de ses propres écarts de conduite et voit enfin la petite lumière au bout du tunnel. Et l'album est magnifique de bout en bout. Gaye est particulièrement convaincant dans son oraison sur la nécessité de "sauver les enfants" sur "Save The Children". Il brille tout autant sur "Inner City Blues" et la chanson-titre. Malheureusement pour lui mais heureusement pour sa réputation de chanteur sulfureux, il retombera dans ses vieux travers et livrera quelques pépites sur des albums de moindre facture. Ainsi, "Let's Get It On" et "Sexual Healing". Il finira tué d'une balle de revolver par son propre père dans des circonstances troubles. Mais son aura nous illumine toujours, à travers ses chansons, et parmi elles "What's Going On".

Et on y retourne...

Parce que comme la confiture ("jam" en anglais) on ne s'en lasse pas, je vous invite à satisfaire ce besoin compulsif d'écouter de la bonne musique. Sans trêve, un nouveau morceau des Jam: "Town Called Malice".

That's Entertainment

The Jam: pas un groupe de midinettes. Issu du punk, mais fusionnant celui-ci avec des influences Rhythm n' Blues, son leader et guitariste/chanteur Paul Weller sait refléter dans ses chansons la frustration et l'inconfort de sa génération et trouvera un écho très favorable en Angleterre. On retrouve au niveau du style et de l'irrévérence les Who (celui des débuts). A écouter: la reprise "David Watts" (à l'origine provenant des Kinks) et ""A" Bomb In Wardour Street".

mardi 30 novembre 2010

Rod et ses sbires

Je me réécoute le coffret des Faces "Five Guys Walk Into A Bar" sans me lasser de ce rock gonflé à bloc manoeuvré par des lads sans pitié. Ca fait du bien de sentir encore cette moiteur caractéristique, et réhaussée de ces mélodies qui vous font doublement du bien. Je le recommande à tous ceux (et celles) qui veulent (intensément) rendre justice au rock en s'ouvrant à d'autres groupes que Muse ou Coldplay. Ils y gagneront!!

lundi 8 mars 2010

Chef d'oeuvre en péril!

Sauvons ce témoignage d'une décennie révolue, où se créaient toutes sortes de mélanges inhabituels, qu'est "Exile On Main Street" des Rolling Stones: mélange alcool/drogues et mélange soul/country/blues. C'est en écoutant cet album que je peux être rassuré quant au fait que le rock a eu de très belles heures et qu'un jour une bande de jeunes teigneux, au look sale et à la démarche arrogante comme eux, reprendront le flambeau et assoiront une réputation n'ayant d'égale que celle de leurs prédécesseurs, toute à l'énergie et au dévouement d'un genre qui, n'en déplaise aux cyniques, séduit toujours les filles.