lundi 5 mai 2014
Supertramp
Financé par les soins d'un milliardaire hollandais du nom de Stanley Miesegaes, Supertramp essuie un premier revers après deux albums moyens et manque de se séparer. Avec un line-up articulé autour de ses deux principaux songwriters (Rick Davies et Roger Hodgson), il vogue vers le succès et devient un des groupes les plus populaires des années 70, alors qu'il reste boudé en France, du moins jusqu'à Breakfast In America (1979). Mélange de pop Beatlesienne et de morceaux à la structure prog', avec l'utilisation appropriée d'un saxophone et du fameux wurlitzer (piano électrique) de Roger Hodgson, il crée des hits imparables comme "Dreamer", "Logical Song" ou encore "Goodbye Stranger". Après la défection de Hodgson dans les années 80, Rick Davies continue tant bien que mal l'aventure...
jeudi 7 février 2013
La fusion du prog-rock et du heavy-metal donne Rush
Rush: un trio au bagage technique considérable dévoué au prog-metal (cette branche du rock progressif créée en grande partie par eux) et à la carrière discographique en constante progression, des débuts blues-rock à la Zeppelin en passant par les synthés new-wave jusqu'à un retour aux sources très rock et plus que de mise dans les années 90 où les groupes 70s qualifiés de "dinosaures" reviennent tenir le haut du pavé. Mais parlons des gus: trois ovnis. Tout d'abord Geddy Lee, bassiste-chanteur à la voix haut-perchée, claviériste de surcroît. Une légende souvent admirée mais très peu imitée. Puis vient Alex Lifeson, un guitariste au style plus que déroutant (les pedales d'effets sont son rayon) derrière son apparente bonhomie. Et enfin le mystère Neil Peart. Comment un batteur de cette classe peut-il servir si bien les compos du groupe tout en assénant de virevolants moulinets à sa fidèle batterie? Bref on l'aura compris, de tels énergumènes ne pouvaient pas passer inaperçus, ne serait-ce qu'en déclenchant les sarcasmes des critiques et de sérieuses polémiques concernant entre autres les lyrics du-dit Peart, parolier attitré puisant son inspiration dans la littérature de science-fiction et les écrits philosophiques. Bien que ne faisant pas partie de ses fans les plus endurcis, j'aime ce groupe au mérite de plus en plus salué à mesure que mélomanes avertis et apprentis-proggers s'intéressent à eux.
lundi 30 janvier 2012
Kyuss ou le chaos maitrisé
Porte-étendard d'un nouveau courant, le stoner, les quatre petits gars de Kyuss ont participé à ces rendez-vous communautaires qu'étaient les "generator parties", en plein désert. On sent d'ailleurs dans Blues for the Red Sun, leur meilleur album, un son rocailleux centré sur la guitare de Josh Homme, qui affûtera le concept par la suite dans les Queens of the Stone Age. Mais là, on parle de Kyuss, un groupe de rock pur et dur, et tellement inventif que Nirvana piochera dans une de leurs compositions (Apothecaries' Weight) pour arriver à All Apologies. On peut d'autant plus rapprocher les deux groupes qu'ils ont une prédilection pour un son lourd mais intelligemment produit. Le batteur de Nirvana (Dave Grohl) rejoindra Josh Homme dans QOTSA puis Them Crooked Vultures (power-trio qui ne doit plus rien à leurs groupes respectifs, du moins en ce qui concerne la spontanéité). À quand une reformation A-kyuss-tique?
jeudi 24 février 2011
Born To Rock
1975 est une année-charnière pour Bruce Springsteen: il doit confirmer les espoirs placés en lui, qu'ils viennent de la critique ou du public. Et c'est chose faite avec "Born To Run", un album à la texture résolument rock et aux arrangements méticuleux. Mais c'est surtout sur le talent de conteur de la grouille urbaine que The Boss (comme il sera surnommé) ne déçoit pas. Il réinjecte ce don d'expression déjà présent, faut-il le rappeler, dans ses deux premiers albums mais au contraire de lisser le trait, y ajoute du relief, et magnifie l'orchestration avec beaucoup d'audace, du saxophone vaporeux de "Meeting Across The River" au lyrisme du piano, omniprésent sur l'album mais sans surcharge aucune. L'album peut réussir le pari d'être extrêmement populaire et adoubé par la critique comme, plus qu'un chef d'oeuvre, un pas marquant dans l'Histoire du rock.
vendredi 11 février 2011
Haro sur les ondes/"Here's the guys in the band"
Avec à son bord l'impressionnant gratteux Joe Walsh (qui s'illustrera au sein des Eagles), le James Gang était paré. Il avait néanmoins un handicap de taille: sans Walsh, qui possédait un relatif talent d'écriture (ce n'était pas Bob Dylan, mais on ne le lui demandait pas), les autres membres du groupe (Dale Peters et Jim Fox) bien que bons musiciens, s'en tenaient à ça. Par conséquent, et en dépit de ses efforts pour perçer et de compliments arrachés au guitariste des Who (Pete Townshend) envers son homologue américain (Walsh, si vous suivez toujours...) à qui il offrira même une de ses précieuses guitares, il n'aura jamais été plus qu'un ersatz de Cream, trio qui possédait trois pointures dans leurs instruments respectifs avec à leur crédit une forte personnalité pour chacun. On retiendra le meilleur album (et de loin) du gang de James, "Rides Again". Celui-ci est inégal. De celui-ci je vous recommande "Funk #49" (ma favorite, mais ça peut se discuter...)
mardi 8 février 2011
Vol au dessus d'un nid d'aigles
Ils étaient le backing-band de Linda Rondstadt, ils devinrent, avec sa bénédiction et sous le nom Eagles, le plus réputé des groupes de soft-rock, genre qu'un seul album avait contribué à définir, à savoir "Harvest" de Neil Young. Mais il faut reconnaitre qu'ils ne manquent pas de savoir-faire. Au contraire, il faut entendre la guitare de Joe Walsh tour à tour miauler et hurler sur la chanson "Hotel California" pour s'en persuader. Ils vont passer d'un country-rock somme toute assez potable (leur 1er album éponyme) à une orientation (suite au départ fracassant de Bernie Leadon) beaucoup plus rock, allant même jusqu'à des accointances avec le hard ("Life In The Fast Lane", morceau de bravoure sur leur "masterpiece" Hotel California). A force de rééditer constamment la formule, ils s'enfermeront dans les clichés inhérents au genre, entraînant changements de line-up et split. Leur reformation ne fera qu'accroître le sentiment qu'ils ont tout dit avec Hotel California. Pour rendre justice aux 8 mois (temps-record) qu'il leur a fallu pour écrire et enregistrer celui-ci, je vous convie à écouter l'album du début à la fin.
Neil, Steve & the others...
Premier vrai groupe de Neil Young et de Stephen Stills (ils se retrouveront dans le supergroupe CSN&Y), le quintet de Buffalo Springfield, pour plus que moitié canadien, se voit gratifié de toutes sortes d'éloges (amplement méritées) et courtisé par Ahmet Ertegun (patron d'Atlantic), qui croit très fort en leur potentiel. Leur premier album ne décevra pas l'estime portée à leur endroit, et est émaillé de ballades portées par des harmonies sublimes et un grand sens mélodique. Il y a quelque chose d'indéfinissable qui surnage de ce petit bijou. En tous cas on se sent très vite à l'aise, en pilote automatique sans que le contenu puisse être assimilé à des mièvreries sans intérêt. Mais il faut comprendre le contexte: un peu plus tôt ont lieu des révoltes estudiantines, en hommage desquelles ils gravent le superbe "For What It's Worth" avec son premier couplet mythique. Logiquement le morceau deviendra l'hymne de ces percées militantistes dans une Amérique en pleine mutation sociale. Revenons au contenu de l'album. Des morceaux courts, parfaits pour passer en radio et qui, de fait, sont tous très accrocheurs. Pour moi, cet album reste un enchantement et je gage qu'il le reste pour ceux qui étaient adolescents quand il est sorti. A conseiller si vous ne pouvez ou ne souhaitez pas vous procurer l'album entier: "Hot Dusty Roads".
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