jeudi 23 août 2018
A tribute to Miles...
Il n'y a guère que deux personnes qui peuvent s'enorgueillir d'avoir révolutionné la musique du XXe siècle. Elles ont connu des hauts et des bas (toutes sortes de bas). Ces deux personnes sont Bob Dylan et Miles Davis. En conjuguant ses talents atypiques de trompettiste avec une vision musicale nette et intransigeante, Miles Davis a brillé de mille feux à travers une discographie pléthorique. Ses prises de position parfois extrêmes lui ont valu une réputation d'homme teigneux, mais ceux qui se sont arrêtés à ce trait de caractère devraient savoir que tout génie reste farouchement exigeant et le perfectionnisme de Miles, pris dans ce contexte, n'en est que plus appréciable.
mardi 5 avril 2016
Humble Pie
Cela commence par une rupture. Les Small Faces se séparent avec d'un côté Ronnie Lane, Ian MacLagan et Kenney Jones embauchant Rod Stewart et Ron Wood, respectivement chanteur et bassiste du Jeff Beck Group pour former les Faces. Et de l'autre Steve Marriott, parti fonder Humble Pie avec entre autres Peter Frampton, jeune guitariste en devenir. Leurs débuts sont difficiles, avec un label (celui de Andrew Loog Oldham, premier manager des Rolling Stones) qui fera faillite deux albums plus tard. Ils décident de nommer leur troisième album "Humble Pie" et de le faire produire par Glyn Johns, celui-là même qui produisit et (re)mixa une partie de "Let It Be" de nos chers Beatles. L'album s'écoute bien, avec leur formule boogie-rock sublimée par la voix, magique, de Steve Marriott. Et de publier enfin, en 1971, leur meilleur album, "Performance: Rockin' The Fillmore", un live incandescent qui servira de modèle à de nombreuses autres formations, y compris Frampton parti en solo, qui dupliquera le concept dans son "Frampton Comes Alive!" avec le succès que l'on sait (il s'en vendra 6 millions d'exemplaires rien qu'aux U.S.A.). Après quelques bons albums, Humble Pie, sous l'impulsion de Marriott, recrute des choristes noires qui ont fait les grandes heures d'artistes soul et modifie légèrement l'orientation musicale qu'il prenait avec des albums en demi-teinte. Incapable de se renouveler, et en proie à un sévère alcoolisme, Marriott jette l'éponge. Il reformera le groupe pour une série d'albums inégaux dans les années 80, pour de nouveau mettre en sommeil ce groupe jadis fabuleux. Le batteur Jerry Shirley, bénéficiant des droits pour l'utilisation du nom Humble Pie, tournera avec une mouture différente du groupe initial. Frampton discutera avec Marriott d'une éventuelle réunion, mais en définitive il n'en sortira presque rien. Le décès de Marriott au début des années 90 mettra un terme (malheureux) à toute reformation.
lundi 22 septembre 2014
Aïe! Tu piques, mon c.....actus!
Un groupe de hard-blues qui puisse rivaliser avec Led Zeppelin, vous en connaissez beaucoup, vous? Guitare hurlante, basse vrombissante, batterie tonitruante et un chanteur qui se déchaine: on se sent tout de suite familier avec Cactus! Composé de la section rythmique de Vanilla Fudge, d'un guitariste débauché de Mitch Ryder & the Detroit Wheels et d'un chanteur au tempérament agressif, Cactus va le temps de quelques albums porter au pinacle un genre qui se veut avant tout terrien (dirais-je bou(s)eux?). A écouter sans plus attendre: "Parchman Farm" (déjà repris antérieurement par Blue Cheer), dont la version live qui se trouve sur le best-of Cactology vaut le détour...
Southern Rock
Quand on pense aux groupes de rock sudiste, trois noms viennent aux lèvres presque immédiatement: Creedence Clearwater Revival (qui est en fait originaire de El Cerrito, CA), Lynyrd Skynyrd et -last but not least- The Allman Brothers Band. Ce dernier est un des pionniers du genre en mélangeant jazz, blues et rock pour obtenir une richesse à nul autre pareille.
lundi 5 mai 2014
Supertramp
Financé par les soins d'un milliardaire hollandais du nom de Stanley Miesegaes, Supertramp essuie un premier revers après deux albums moyens et manque de se séparer. Avec un line-up articulé autour de ses deux principaux songwriters (Rick Davies et Roger Hodgson), il vogue vers le succès et devient un des groupes les plus populaires des années 70, alors qu'il reste boudé en France, du moins jusqu'à Breakfast In America (1979). Mélange de pop Beatlesienne et de morceaux à la structure prog', avec l'utilisation appropriée d'un saxophone et du fameux wurlitzer (piano électrique) de Roger Hodgson, il crée des hits imparables comme "Dreamer", "Logical Song" ou encore "Goodbye Stranger". Après la défection de Hodgson dans les années 80, Rick Davies continue tant bien que mal l'aventure...
jeudi 7 février 2013
La fusion du prog-rock et du heavy-metal donne Rush
Rush: un trio au bagage technique considérable dévoué au prog-metal (cette branche du rock progressif créée en grande partie par eux) et à la carrière discographique en constante progression, des débuts blues-rock à la Zeppelin en passant par les synthés new-wave jusqu'à un retour aux sources très rock et plus que de mise dans les années 90 où les groupes 70s qualifiés de "dinosaures" reviennent tenir le haut du pavé. Mais parlons des gus: trois ovnis. Tout d'abord Geddy Lee, bassiste-chanteur à la voix haut-perchée, claviériste de surcroît. Une légende souvent admirée mais très peu imitée. Puis vient Alex Lifeson, un guitariste au style plus que déroutant (les pedales d'effets sont son rayon) derrière son apparente bonhomie. Et enfin le mystère Neil Peart. Comment un batteur de cette classe peut-il servir si bien les compos du groupe tout en assénant de virevolants moulinets à sa fidèle batterie? Bref on l'aura compris, de tels énergumènes ne pouvaient pas passer inaperçus, ne serait-ce qu'en déclenchant les sarcasmes des critiques et de sérieuses polémiques concernant entre autres les lyrics du-dit Peart, parolier attitré puisant son inspiration dans la littérature de science-fiction et les écrits philosophiques. Bien que ne faisant pas partie de ses fans les plus endurcis, j'aime ce groupe au mérite de plus en plus salué à mesure que mélomanes avertis et apprentis-proggers s'intéressent à eux.
lundi 30 janvier 2012
Kyuss ou le chaos maitrisé
Porte-étendard d'un nouveau courant, le stoner, les quatre petits gars de Kyuss ont participé à ces rendez-vous communautaires qu'étaient les "generator parties", en plein désert. On sent d'ailleurs dans Blues for the Red Sun, leur meilleur album, un son rocailleux centré sur la guitare de Josh Homme, qui affûtera le concept par la suite dans les Queens of the Stone Age. Mais là, on parle de Kyuss, un groupe de rock pur et dur, et tellement inventif que Nirvana piochera dans une de leurs compositions (Apothecaries' Weight) pour arriver à All Apologies. On peut d'autant plus rapprocher les deux groupes qu'ils ont une prédilection pour un son lourd mais intelligemment produit. Le batteur de Nirvana (Dave Grohl) rejoindra Josh Homme dans QOTSA puis Them Crooked Vultures (power-trio qui ne doit plus rien à leurs groupes respectifs, du moins en ce qui concerne la spontanéité). À quand une reformation A-kyuss-tique?
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